Suivi des aéronefs : où en est-on ?

Les services de navigation aérienne assurent le suivi quotidien des aéronefs en vol. En 2015, ce sont ainsi 100 000 vols quotidiens qui ont été gérés dans le monde et ont permis le transport de 3.5 milliards de passagers. Les tragédies du vol MH370, en-route de Kuala Lumpur à Pékin le 8 mars 2014, et du vol AF447 entre Rio et Paris en 2009, pour exceptionnelles qu’elles soient, ont néanmoins souligné des défaillances des systèmes de suivi des aéronefs en situation normale comme en situation de détresse.

Les nouveaux standards adoptés par l’OACI

Le 3 mars dernier, le Conseil de l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI) a adopté de nouveaux standards concernant le suivi des avions en détresse et leur localisation. Ces dispositions viennent compléter celles adoptées en novembre 2015 sur le suivi des avions en situation normale.

Ainsi, dès 2018, les vols en situation normale, pour les avions de plus de 19 passagers et une masse au décollage supérieure à 45,5 tonnes (avions A320, B737 et au-dessus…), devront reporter leur position toutes les 15 minutes contre 30 minutes auparavant. L’opérateur aérien sera chargé d’alerter les services de gestion de trafic aérien compétents en cas de rapport manquant et d’impossibilité de communiquer avec l’avion.

A partir de 2021, les avions de plus de 27 tonnes devront avoir des enregistreurs (« boites noires ») capables d’enregistrer les 25 dernières heures de vol. A ce jour, les enregistreurs ont une capacité limitée à 2 heures. Or, il est fort probable que les enregistreurs du vol MH370, s’ils sont un jour retrouvés, n’aient pas enregistré les événements ayant conduit à l’accident puisque l’avion a certainement volé plus de 5 heures après sa disparition.

A partir de 2021, les avions de plus de 27 tonnes devront également avoir des balises de détresse autonomes permettant un report de position de l’avion toutes les minutes. L’activation de ces balises pourra se faire de manière manuelle ou automatique (en fonction des paramètres avion).

Enfin, les nouveaux standards OACI prévoient qu’un moyen fiable pour retrouver les enregistrements de données devra être mis en œuvre. Les dispositions prévues restent ouvertes quant à la technologie utilisée mais autorisent l’usage d’enregistreurs éjectables ayant la capacité de flotter et équipés d’un signal intégré.

Le concept de Global Aeronautical Distress Safety System (GADSS)

L’ensemble de ces nouvelles dispositions font suite à la disparition du vol MH370. Un groupe de travail sous l’égide de l’OACI avait alors créé un concept global visant à identifier l’ensemble des phases précédant un éventuel accident. Ceci afin d’y associer les processus utiles :

  • à la récolte d’information à même de faciliter les opérations de recherche et sauvetage, et en premier lieu retrouver les éventuels survivants,
  • ainsi que de retrouver l’épave et les enregistreurs de vol afin d’analyser les causes de l’accident et contribuer ainsi à ce que des événements similaires ne puissent se reproduire.

A la suite de l’accident de l’AF447, la durée d’émission des balises sous-marines avait déjà été étendue de 30 à 90 jours. Une réflexion avait par ailleurs été engagée pour réduire le périmètre des recherches en cas d’accident similaire mais n’avait pas abouti à des décisions concrètes. A la suite de la disparition du MH370, la mise au point du concept GADSS (Global Aeronautical Distress Safety System), par analogie au GMDSS (Global Maritime Distress Safety System), équivalent maritime, a permis de mettre en cohérence nombre de réflexions et de dispositifs pour assurer que de tels événements ne puissent se reproduire à l’avenir.

Les standards adoptés l’ont été très rapidement si l’on considère le fait que moins de deux ans se sont écoulés depuis la disparition du MH370. Ils feront néanmoins l’objet d’un travail complémentaire visant à consolider l’ensemble des procédures opérationnelles et organiser les actions des différents acteurs en cas d’alerte et d’urgence. L’industrie travaille pour sa part à bien définir les événements caractérisant un état de détresse potentielle d’un avion afin d’éviter les fausses alarmes et assurer l’efficacité globale du système.

Malgré les tragédies que représentent l’accident de l’AF 447 et la disparition du MH 370, il faut néanmoins rappeler que l’Aviation reste un moyen de transport exceptionnellement sûr.

Dernière modification : 07/07/2016

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