Sommet mondial de l’OACI sur la prochaine génération de professionnels de l’aviation (NGAP 2017)

Le secteur de l’aviation civile soutenait en 2016, directement ou indirectement, 62,7 millions d’emplois dans le monde. Ce chiffre devrait atteindre les 99 millions d’emplois en 2034. Consciente du défi, l’OACI a lancé en 2009 le programme NGAP destiné à la prochaine génération de professionnels de l’Aviation.

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1. L’aviation civile internationale, un secteur en constant essor

Selon les derniers chiffres tirés de l’Aviation Benefits 2017, si le trafic aérien était un pays, son PIB serait similaire à celui de la Suisse à 660 milliards de dollars américains, et son impact économique total (direct, indirect, induit et touristique) s’élèverait à 2,7 billions de dollars américains. L’OACI (Organisation de l’Aviation Civile Internationale) a quant à elle calculé que le trafic aérien mondial devrait doubler d’ici 2032 avec une croissance de 4.6 % du nombre de passagers par an en moyenne.

Pour faire face à cette évolution de la demande, l’OACI estime que les compagnies aériennes devront ajouter 25 000 nouveaux appareils à la flotte commerciale actuelle, qui représente 17 000 aéronefs, au cours des 20 prochaines années. Pour cela, l’aviation civile internationale aura besoin de 480 000 nouveaux techniciens pour entretenir ces avions et de plus de 350 000 pilotes pour les piloter d’ici 2026. De façon générale, ce secteur qui soutient actuellement 62,7 millions d’emplois dans le monde, directement et indirectement, devrait atteindre les 99 millions d’emplois en 2034.

La main-d’œuvre du secteur aéronautique mondial est cependant insuffisamment nombreuse pour accompagner cette rapide croissance. Au contraire, une grande partie de la génération actuelle de professionnels de l’aviation ne tardera pas à partir à la retraite. En parallèle à cette situation, l’accès à la formation et à l’éducation abordable devient de plus en plus problématique alors même que l’aviation requiert des professionnels hautement qualifiés. Le manque de compétences harmonisées dans certaines disciplines de l’aéronautique et le manque de sensibilisation de la « prochaine génération » aux types d’emplois dans l’aviation compliquent encore le problème.

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Nouvelle promotion de jeunes diplômés de Mastères de l’aviation civile à l’ENAC en 2017.
Crédit photo : ENAC

2. L’OACI et le programme NGAP

Consciente du défi, l’OACI a lancé en 2009, en partenariat avec les acteurs de la formation aéronautique, le programme NGAP (Next Generation of Aviation Professionnals, Prochaine génération de professionnels de l’Aviation), dont l’objectif est d’aider à former des professionnels compétents qui géreront et entretiendront le futur système de transport aérien international. La même année, l’OACI a créé le Groupe de travail sur les professionnels de l’aviation de la prochaine génération, composé de 29 représentants de l’industrie, de fournisseurs d’éducation et de formation, d’organismes de réglementation, et d’organisations internationales. Les objectifs à court terme sont les suivants :

  • inventorier les données de planification des ressources humaines ;
  • identifier et soutenir les initiatives visant à sensibiliser la prochaine génération ;
  • trouver des moyens d’harmoniser les règlements de formation.

L’OACI a organisé deux Symposiums NGAP, dont le second, tenu en décembre 2014 au siège de l’Organisation à Montréal, a été l’occasion de lancer de nouvelles dispositions pour appuyer les Formations destinées aux contrôleurs de la circulation aérienne (ATCO, Air Traffic Controller) et aux personnel de l’électronique pour la sécurité du trafic aérien (ATSEP, Air Traffic Safety Electronic Personnel). En 2016, des manuels de formation pour les contrôleurs de la circulation aérienne (ATCO) et le personnel de l’électronique pour la sécurité du trafic aérien (ATSEP) ont été rendus disponibles par l’OACI. L’Organisation travaille également avec ses partenaires pour développer des ateliers pour aider à la mise en place de formations basée sur les compétences qu’elle recommande.

En octobre 2016, la 39ème Assemblée de l’OACI a adopté la résolution A39-29 « Prochaine génération des professionnels de l’aviation », ainsi que la résolution A39-30 « Programme OACI pour l’égalité des sexes visant à promouvoir la participation des femmes dans le secteur mondial de l’aviation », marquant l’attachement de l’organisation et de ses États membres à promouvoir la place des femmes dans l’aviation. C’est également dans ce cadre que l’OACI a décidé de soutenir le programme Dreams Soar, un tour du monde en avion monomoteur par une jeune aviatrice pour encourager l’engagement des femmes dans les carrières STIM (métiers en lien avec les Sciences, les Technologies, l’Ingénierie et les Mathématiques).

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Formation d’experts en aéronautique à l’ENAC.
Crédit photo : ENAC

3. Le Sommet mondial de l’OACI sur la prochaine génération de professionnels de l’aviation (NGAP 2017)

Le prochain évènement de ce programme est le NGAP Global Summit (Sommet mondial sur la prochaine génération de professionnels de l’aviation), organisé par l’OACI, qui se tiendra à Montréal les 27 et 28 Novembre 2017.

Le Sommet mondial NGAP de l’OACI offrira une occasion unique de rassembler les secteurs de l’aviation, de l’éducation et du travail pour l’élaboration de stratégies et d’actions visant à former la prochaine génération de professionnels de l’aviation. De nombreuses activités seront organisées pendant l’événement de deux jours, telles que le modèle de Forum OACI pour les étudiants, le « Speed-mentoring » pour les étudiants, et une exposition de carrières et de réseautage. Les principaux objectifs de ce sommet mondial sont les suivants :

  • continuer de sensibiliser le public à la pénurie imminente de professionnels de l’aviation et encourager les autorités de l’aviation civile à communiquer et à coopérer avec les organismes gouvernementaux d’éducation et de travail pour promouvoir l’aviation en tant que profession ;
  • promouvoir l’élaboration de lignes directrices ou de normes NGAP à l’intention de tous les intervenants de l’aviation (ex : les autorités de l’aviation civile, l’industrie, les organisations internationales et les universités) ;
  • faciliter l’échange de connaissances, d’idées, de meilleures pratiques et d’expériences concernant les activités liées à la formation des professionnels de l’aviation entre les États, l’industrie, les organisations internationales et les universités ;
  • encourager la collaboration entre les États et la communauté aéronautique pour identifier les besoins en ressources humaines à long terme et établir des stratégies pour attirer, éduquer et retenir les professionnels de l’aviation, en tenant compte de la diversité géographique et de l’égalité des sexes.

L’Ecole nationale de l’aviation civile (ENAC) participera à cet évènement en sa qualité notamment de centre régional d’excellence de l’OACI dans le cadre du programme de l’organisation TRAINAIR PLUS. L’ENAC est en effet particulièrement investie dans les travaux et programmes de NGAP, et participe aux sous-groupes de travail. Le 5 octobre 2017, l’OACI et l’ENAC avaient d’ailleurs signé un accord de collaboration pour la création d’un nouveau diplôme de maîtrise en gestion de la sécurité, qui sera donné sur le campus de l’ENAC à Toulouse à partir de l’année 2018.

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La Secrétaire générale de l’OACI, Mme Fang Liu (à gauche), le Directeur de l’École nationale de l’aviation civile (ENAC) en France, M. Marc Houalla (au centre), signent le Protocole d’entente concernant l’élaboration de nouveaux programmes éducatifs et activités de formation dans le cadre du Programme TRAINAIR PLUS de l’OACI. Le Représentant permanent de la France au Conseil de l’OACI, M. Philippe Bertoux (à droite), était présent à la signature.
Crédit Photo : OACI

4. Les programmes de formation de l’OACI

Parallèlement aux objectifs définis pour le programme NGAP, l’OACI a structuré ces dernières années son offre et son action dans le domaine de la formation aéronautique. La Politique de l’OACI en matière de formation aéronautique civile (ICAO Civil aviation training policy) du 25 mai 2016, ainsi que la résolution A38-12 de l’Assemblée, constituent actuellement le cadre d’action de l’organisation dans ce domaine. La mise en œuvre de cette politique s’appuie sur le Bureau GAT (Global Aviation Training) du Secrétariat, créé le 1er janvier 2014, qui est responsable de la planification, de la gestion et de la coordination des activités de l’OACI en matière de formation aéronautique. Conformément au texte du 25 mai 2016, la mise en œuvre de la Politique de l’OACI en matière de formation aéronautique civile repose sur quatre piliers :

  • Le programme TRAINAIR PLUS

Mis à jour en 2010 sur la base du programme Trainair qui était en opération depuis la fin des années 1980, le Programme TRAINAIR PLUS (TPP) de l’OACI vise à assister les Etats membres à organiser et améliorer leurs moyens de formation en leur apportant une approche structurée. Il consiste en un réseau coopératif mondial de centres de formation, mis en place dans près de 70 États membres de l’OACI et composé à ce jour de plus de 90 organismes de formation. Le programme appuie ses membres dans les efforts qu’ils déploient pour élaborer et partager du matériel pédagogique de haute qualité axé sur les compétences, notamment des mallettes pédagogiques normalisées (STP). Les membres de TRAINAIR PLUS sont très actifs dans l’élaboration de ces STP qui portent sur tous les domaines de l’aviation civile : sûreté et facilitation, environnement, transport aérien, sécurité aérienne, services de navigation aérienne et aérodromes.

Le réseau comprend 16 centres d’excellence régionaux de formation (RTCE), 31 membres de plein droit, 38 membres associés et 4 membres du secteur privé. La France compte trois organismes membres du TPP : le Centre Français de Formation des Pompiers d’Aéroport (C2FPA), CAMAS Formation et l’ENAC. Cette dernière a par ailleurs été élue, en mars 2017, au comité directeur du TPP composé de 14 membres en tant que « vice-chair » (vice-présidente).

Afin d’encourager la coopération entre les États ainsi qu’entre les membres TPP, des événements en matière de formation sont organisés par le Bureau GAT et accueillis par des membres de TRAINAIR PLUS ; leur objectif est de renforcer la mise en œuvre de la méthodologie OACI de formation fondée sur les compétences et de créer une plateforme pour l’échange de connaissances et de pratiques optimales. Il existe plusieurs catégories d’événements régulièrement organisés : le symposium mondial annuel ainsi que des symposiums régionaux sur la formation aéronautique et TRAINAIR PLUS, et des réunions plus techniques destinés au personnel de formation tels les concepteurs de cours et les instructeurs.

  • La reconnaissance par l’OACI d’activités de formations aéronautiques hors TRAINAIR PLUS

Les cours de l’OACI sont mis à disposition en ligne pour être délivrés dans tous les centres de formation membres de TRAINAIR PLUS. Cependant, le mandat de l’OACI étant d’assister tous les États membres sans se limiter à ceux représentés au sein du réseau TPP, le bureau GAT peut aussi organiser à la demande des États un cours de formation sur site. Certains Etats et centres de formation demandent ainsi du support spécifique, ponctuel et ciblé, par exemple pour les aider à rédiger un manuel de formation et de procédures, ou pour analyser leurs besoins en formation. Ce soutien est apporté de manière systématique dans le cadre de l’évaluation qui est faite par le GAT pour la reconnaissance d’un membre TPP via les non-conformités identifiées, mais il peut aussi être fourni en dehors du programme TPP à la demande des Etats.

  • Le développement d’activités de formations aéronautiques par l’OACI elle-même

L’OACI ayant le mandat d’assister les États dans la mise en application des normes et pratiques recommandées (SARPs), l’un des moyens qu’elle utilise pour atteindre cet objectif est la conception et la délivrance de cours de formation. Le bureau GAT conçoit ainsi des cours basés sur ces SARPs, ou pour lesquels les SARPs sont une composante majeure, en partenariat avec les différents bureaux de l’OACI, puis les met à disposition de tous les Etats membres lorsqu’ils sont intégrés au catalogue de l’OACI.

  • Des accords de coopération et de partenariat

Dans le but d’assurer l’atteinte de ses objectifs, l’OACI a développé des accords de partenariat avec d’autres organisations internationales (ACI, IATA…) ainsi qu’avec des Universités afin de compléter ses activités de formation. Des cours et certificats de niveau universitaires pour les cadres de l’aviation sont désormais proposés. C’est dans ce cadre que l’OACI et l’ENAC ont signé l’accord de collaboration pour la création d’un nouveau diplôme de maîtrise en gestion de la sécurité, en octobre dernier.

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Dernière modification : 28/11/2017

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