Le tour du monde Dreams Soar arrive à terme après être passé par la France d’outre-mer

La pilote américano-afghane Shaesta Waiz est passée par la Nouvelle-Calédonie et St-Pierre-et-Miquelon au cours de son tour du monde pour inciter les jeunes femmes à devenir pilotes, soutenu par l’OACI.

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La pilote Shaesta Waiz en Nouvelle-Calédonie
Crédit photo : Direction de l’Aviation Civile en Nouvelle-Calédonie

Shaesta Waiz, pilote hors-norme

Fondatrice du projet Dreams Soar (« les rêves décollent ») et pilote diplômée de l’université aéronautique Embry-Riddle (surnommée la « Harvard du Ciel »), Shaesta Waiz est également une ex-réfugiée afghane au parcours atypique. Née en 1987 dans un camp de réfugiés, elle émigre aux États-Unis avec ses parents et ses cinq sœurs alors qu’elle n’a encore que trois mois. Elle grandit à Richmond en Californie et développe une passion de l’aviation. Le mercredi 4 octobre 2017, ce qui fait d’elle la plus jeune femme à avoir fait un tour du monde solo en avion monomoteur, un Beechcraft Bonanza A36.

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La pilote Shaesta Waiz, la Secrétaire générale de l’OACI Fang Liu et le Président du Conseil de l’OACI Olumuyiwa Benard Aliu à Montréal le 15 mai 2017
Crédit photo : OACI

Le projet Dreams Soar

Aujourd’hui, selon les chiffres de l’Administration Fédérale de l’Aviation américaine (The Airmen Database), seuls 5,4 % des pilotes de ligne dans le monde sont des femmes. Face à ce constat, le projet à but non lucratif Dreams Soar entend inciter les femmes à entrer dans les métiers en lien avec les sciences, les technologies, l’ingénierie et les mathématiques (STIM), et collecter des fonds pour créer des bourses d’études pour l’aviation. Les emplois STIM et de pilote de ligne sont constamment en manque de main d’œuvre, y compris dans les pays développés. Aux États-Unis par exemple, les femmes représentent 48% de la population active, mais seulement 24% des emplois STIM, ce qui représente un groupe de talents potentiels largement inexploité. Dreams Soar souhaite ainsi encourager les femmes à se tourner vers ces emplois considérés comme « masculins ». A cette fin, le tour du monde entrepris par Mme. Waiz a été entrecoupé d’activités de sensibilisation auprès des jeunes filles et des femmes. Le programme étant soutenu par l’OACI, la jeune pilote avait fait escale à Montréal au tout début de son tour du monde en solitaire le 15 mai.

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L’aéroport Nouméa-Magenta
Crédit photo : Direction de l’Aviation Civile en Nouvelle-Calédonie

Deux passages dans les territoires français d’outre-mer

Le mardi 22 août, Mme Waiz est passée par l’aéroport domestique Nouméa - Magenta et a rencontré des représentants de la Direction de l’Aviation Civile en Nouvelle Calédonie (DAC). Le second aéroport néo-calédonien, l’aéroport international Nouméa - La Tontouta a été rénové en 2013 et a accueilli plus de 515.000 voyageurs l’année dernière. Les deux aéroports sont gérés par la DAC, qui relève à la fois de l’État français et de la Nouvelle-Calédonie. Le tour du monde de Mme Waiz était déjà passé par l’archipel français d’Amérique du Nord Saint-Pierre-et-Miquelon, lors de sa traversée de l’Atlantique. Un arrêt en urgence qui n’était pas prévu, puisque la jeune pilote avait dû faire demi-tour quand son antenne VHF était tombée de l’avion. Elle a cependant pu achever son périple sans encombres et fêter l’achèvement de ce tour du monde le 4 octobre, au Musée Cici et Hyatt Brown des Arts & Science à Daytona Beach en Floride.

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Formation de pilotes
Crédit photo : ENAC

L’OACI et la future génération de professionnels de l’aviation

Selon les derniers chiffres tirés de l’Aviation Benefits 2017, si le trafic aérien était un pays, son PIB serait similaire à celui de la Suisse à 660 milliards de dollars américains, et son impact économique total (direct, indirect, induit et touristique) s’élèverait à 2,7 billions de dollars américains. Ce secteur soutient actuellement 62,7 millions d’emplois directement et indirectement, et devrait atteindre les 99 millions d’emplois en 2034. Selon les prévisions de l’OACI, le trafic aérien mondial devrait doubler d’ici 2032 avec une croissance de 4.6 % du nombre de passagers par an en moyenne. Pour faire face à cette nécessité de main-d’œuvre aéronautique, l’OACI a lancé plusieurs initiatives :

  • Le programme NGAP (« prochaine génération de professionnels de l’aviation ») en 2009, qui a pour objectif d’aider à former des professionnels compétents qui géreront et entretiendront le futur système de transport aérien international. Le deuxième Symposium NGAP, tenu en décembre 2014 au siège de l’OACI à Montréal, a été l’occasion de lancer de nouvelles dispositions pour appuyer les formations destinées aux contrôleurs de la circulation aérienne (ATCO) et aux électroniciens en sécurité de la circulation aérienne (ATSEP). En octobre 2016, la 39ème Assemblée de l’OACI a adopté la résolution A39-29 « Prochaine génération des professionnels de l’aviation », ainsi que la résolution A39-30 « Programme OACI pour l’égalité des sexes visant à promouvoir la participation des femmes dans le secteur mondial de l’aviation », marquant l’attachement de l’organisation et de ses États membres à promouvoir la place des femmes dans l’aviation. C’est également dans ce cadre que l’OACI a décidé de soutenir le programme Dreams Soar. Les objectifs de parité et de diversité géographique sont désormais l’une des priorités de l’organisation pour répondre à la future demande de personnel dans le domaine de l’aviation. Le prochain ICAO NGAP Global Summit se tiendra à Montréal les 27 et 28 Novembre 2017.
  • Le programme Trainair Plus, lancé en 2010 et poursuivant les 25 années d’existence du programme Trainair, favorise la collaboration sur les formations du secteur aéronautique dans le but de développer le transport aérien mondial de façon sûre et durable. Ce programme fournit un soutien précieux de l’OACI à ses États membres et à l’industrie de l’aviation par la mise en œuvre de normes de qualité dans la formation à l’aviation civile. Il aide à mettre en place des stratégies de développement des ressources humaines durables, conformément à la résolution A38-12 de l’Assemblée de l’OACI relative au personnel qualifié et compétent de l’aviation. Trainair Plus est un réseau coopératif d’organismes de formation et de partenaires de l’industrie qui s’accordent pour développer des formations harmonisées par l’OACI. Sa mission est d’établir et maintenir les normes de formation et de compétence du personnel de l’aviation à l’échelle mondiale. Les organisations de près de 70 États membres travaillent ensemble pour développer une méthodologie de cours normalisée dans les disciplines de l’aviation civile et créer un système de partage des forfaits de formations basés sur les compétences. En France, l’École Nationale de l’Aviation Civile (ENAC) est membre de ce programme et Centre régional d’excellence reconnu par celui-ci.

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Dernière modification : 12/10/2017

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