Dossier : le multilinguisme et la francophonie à l’OACI

Le multilinguisme est un principe fondamental de l’ONU et de l’OACI, qui possède 6 langues de travail dont le français. La publication de documents dans différentes langues permet une meilleure application des normes et pratiques recommandées, et un meilleur dialogue entre Etats. Les Etats francophones à l’OACI se réunissent régulièrement pour promouvoir l’utilisation de la langue française.

Le multilinguisme, principe fondamental des institutions de l’ONU

Le multilinguisme est un principe fondamental de l’Organisation des Nations Unies (ONU). Ce principe est inscrit dans plusieurs Résolutions de l’Assemblée Générale des Nations Unies, en particulier la Résolution 71/328 (« Multilinguisme »), qui affirme que le multilinguisme est « un moyen de protéger et de préserver la diversité des langues et des cultures dans le monde, ainsi que d’améliorer l’efficacité, les résultats et la transparence de ses activités » et qu’il « favorise l’unité dans la diversité et sert l’entente, la tolérance, le dialogue entre les pays ».

L’Organisation de l’Aviation Civile Internationale (OACI), en tant qu’institution spécialisée des Nations Unies, partage ce principe. L’OACI possède 6 langues de travail : l’anglais, l’espagnol et le français depuis l’origine, le russe depuis 1971, l’arabe depuis 1991 et le chinois depuis 1995. Les documents de travail sont distribués dans ces 6 langues, et des interprètes sont présents aux réunions de l’Assemblée, du Conseil, de la Commission de Navigation Aérienne, et de certains autres événements. L’Organisation dispose d’une Sous-direction des services linguistiques et de publication, en charge de l’interprétation, de la traduction, la mise en forme, et la production de documents de l’OACI dans toutes les langues officielles des Nations Unies conformément aux normes de qualité requises. Elle a une capacité de 8.6 million de mots traduits et 1344 réunions interprétées par an.

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Le logo de l’OACI contient le nom de l’Organisation dans les 6 langues de travail (le sigle est le même en espagnol et en français)
Crédits : OACI

Les politiques de l’OACI en matière de services linguistiques sont inscrites dans la résolution A37-25 de la 37e Assemblée de l’Organisation, adoptée en 2010. En préparation de la prochaine Assemblée en 2019, le Conseil a invité celle-ci à demander au Secrétariat d’élaborer une stratégie claire, ambitieuse et proactive pour la promotion du multilinguisme au sein de l’OACI.

Le multilinguisme est particulièrement important, dans le sens où c’est un élément clef de l’initiative « Aucun pays laissé de côté ». Il permet de diffuser les normes et pratiques recommandées (SARPs – Standards and Recommended Practices) de l’OACI dans la langue parlée d’un maximum d’Etats, et donc une meilleure compréhension et mise en œuvre de ceux-ci.

Les Etats-membres veillent à ce que les contraintes budgétaires n’altèrent pas le multilinguisme dans l’Organisation.

La place de la francophonie à l’OACI

Avec 53 Etats-membres de l’OACI membres de l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF), 4 Etats francophones au Conseil, un siège à Montréal au Québec, et un bureau régional à Dakar au Sénégal, la langue française a une place importante dans les travaux de l’Organisation. C’est pour cela qu’a été établi en 2012 le Groupe Francophone de l’OACI (GFO). Il s’agit d’un forum d’entraide mutuelle et de conseil afin d’améliorer la mise en œuvre des SARPs dans les Etats-membres francophones de l’OACI.

Il permet d’organiser des rencontres entre les délégations francophones lors des événements importants, de faire le lien avec l’OIF, de promouvoir l’utilisation de la langue française au sein de l’Organisation (qualité des traductions, budget alloué aux services linguistiques, communication).

Des réunions ont déjà eu lieu entre les représentants francophones à l’OACI ou de l’Organisation internationale de la francophonie avec les secrétaires généraux de l’OACI pour discuter de la présence du français dans l’Organisation.

Dans le cadre de l’initiative « Aucun pays laissé de côté », la Direction Générale de l’Aviation Civile (DGAC) organise notamment des séminaires ouverts à tous les pays francophones, dont un sur les drones en 2018. La France et le Canada ont également pris part à ACT-CORSIA (Assistance, renforcement des capacités et formation pour la mise en place du CORSIA – Assistance, Capacity-building and Training for CORSIA) afin d’aider une trentaine d’Etats francophones à mettre en œuvre les SARPs du régime CORSIA.

Le multilinguisme dans l’aviation

La langue anglaise est massivement utilisée dans l’aviation, en particulier pour les communications entre pilotes et contrôleurs aériens. Son développement est justifié par la nécessité de parler une langue commune afin d’éviter les incompréhensions et les accidents.

Dans le cadre de la mise en œuvre du Règlement (UE) 2016/1185 du 20 juillet 2016, au sujet de la langue anglaise dans les aérodromes internationaux de plus de 50 000 vols IFR (Instrument Flight Rules – vols aux instruments), la France a mené une étude, concluant qu’il n’y a pas de bénéfices en termes de sécurité à l’utilisation unique de l’anglais. La France conserve donc le bilinguisme.

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Dernière modification : 31/07/2019

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